Semaine prière JA : Voir l’invisible (Samedi 3 mars)

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L’œil de la foi

Ce prince était l’un des jeunes les plus aimés du royaume. Héritier d’une vaste fortune, diplômé des meilleures écoles, brillant, beau, fort et rempli de talents, il était le plus populaire au palais.

Bien sûr, certains se souvenaient qu’il avait été adopté par la princesse. Ils avaient entendu dire comment elle l’avait sauvé d’une mort certaine et nommé Moïse, parce que « sauvé des eaux » du grand fleuve. Elle l’avait adopté et payé une nourrice des Hébreux jusqu’à ce qu’il soit sevré et puisse vivre au palais.

Mais une fois au palais, Moïse était devenu la fierté du royaume. Il devait devenir Pharaon, la personne la plus puissante sur terre.

Devenir Pharaon n’était pas simple. Il fallait une formation militaire intense, des capacités sociales et diplomatiques et une instruction religieuse. Tout Pharaon devait devenir membre de la caste des prêtres égyptiens.

Cependant Moïse « étudia avec un zèle infatigable ; mais on ne put jamais le déterminer à sacrifier aux faux dieux. Il fut alors averti que s’il persistait dans la foi hébraïque, sa déchéance serait prononcée par la princesse » (27).

Leçons de foi

Pendant ses premières années auprès de sa mère naturelle, Yokebed, Moïse a découvert le seul vrai Dieu, le Dieu de ses ancêtres. Il a écouté sa mère lui raconter l’histoire d’Abraham sous les étoiles, d’Isaac prêt à obéir à tout prix, ainsi que de Jacob et son rêve de l’échelle céleste. Il a appris que Joseph, trahi par ses frères et vendu à une caravane de marchands d’esclaves, était devenu un homme puissant dans la maison de Potiphar, le chef de la garde égyptienne ; comment il a été emprisonné injustement quand il a choisi de rester fidèle à Dieu face à la femme de Potiphar. Moïse savait aussi que Joseph avait fréquenté les mêmes cours royales que lui et que, par sa fidélité, Dieu l’avait utilisé, comme son prédécesseur royal, pour sauver non seulement son peuple mais la terre entière de la famine.

Ces leçons de foi, acquises dans son enfance, l’ont habité et l’ont aidé, par la grâce de Dieu, à vouloir, lui aussi, être fidèle. Aucune menace ni aucun avantage ne le conduiraient à abandonner sa foi en Dieu.

Le livre Patriarches et Prophètes laisse entendre comment ce jeune homme a pu repousser un avenir aussi incroyable : « Moïse était capable d’occuper un rang élevé parmi les grands de la terre ; il pouvait briller à la cour du plus glorieux empire et en tenir dignement le sceptre. Sa supériorité intellectuelle le plaçait au-dessus des grands hommes de tous les siècles. Comme historien, poète, philosophe, général et législateur, il était sans égal. Et néanmoins, ayant le monde entier devant lui, il eut la force morale de renoncer aux perspectives brillantes de la richesse et des grandeurs humaines, ‘aimant mieux souffrir avec le peuple de Dieu que d’avoir du péché une jouissance momentanée’ » (28).

Par la grâce de Dieu, Moïse voyait au-delà du palais magnifique de Pharaon et de son trône quelque chose de bien mieux. Il comprenait cette vérité éternelle que l’apôtre Paul a formulée 1500 ans plus tard : « Nous portons notre attention non pas sur ce qui est visible, mais sur ce qui est invisible. Ce qui est invisible ne dure que peu de temps, mais ce qui est visible dure toujours » (2 Corinthiens 4.18) (29).

Parce que, par l’œil de la foi, Moïse voyait la réalité invisible de Dieu et qu’il a mis sa confiance dans ses promesses pour suivre ses instructions, il est vivant au ciel aujourd’hui (voir Matthieu 17.3) !

Face à Pharaon

Si vous allez visiter l’Egypte aujourd’hui, vous verrez les Pharaons en face ! Dans la salle des momies royales du musée du Caire, les célèbres Pharaons sont couchés dans leur état de momies préservées. Parmi eux, vous trouverez Amenhotep II, Toutmès IV, Hatshepsout (que beaucoup estiment être la princesse qui a adopté Moïse), et le puissant Ramsès II, connu comme le ‘Grand Ramsès’.

Avez-vous déjà réfléchi à la place qu’occuperait Moïse aujourd’hui s’il avait refusé l’appel de Dieu et était devenu Pharaon ? Il est bien possible que son corps, soigneusement préservé, serait allongé avec les autres Pharaons dans cette salle des momies royales.

Bien sûr, après coup, il est facile de dire que Moïse a fait le bon choix. Mais au moment du choix, cela n’a pas été si simple ! S’il s’était fié à ce qu’il voyait, la splendeur, la richesse, le pouvoir qui lui était promis, il serait devenu l’homme le plus riche et le plus puissant de la terre… pour un temps…

A ce moment-là, abandonner tout cela pour l’inconnu devait paraître une folie ! Mais, avec l’œil de la foi… La Bible dit : « Par la foi, Moïse, devenu grand, refusa d’être appelé fils de la fille de Pharaon. Il préféra être maltraité avec le peuple de Dieu que de jouir du péché pendant quelque temps. Il estima que subir le mépris comme le Messie avait beaucoup plus de valeur que les trésors de l’Egypte, car il avait les yeux fixés sur la récompense future. Par la foi, Moïse quitta l’Egypte, sans avoir peur de la colère du roi ; il demeura ferme comme s’il voyait le Dieu invisible (Hébreux 11.24-27).

Leçon à tirer

Même après avoir pris cette énorme décision, Moïse avait encore des leçons à apprendre et à désapprendre. Convaincu que Dieu l’avait appelé à délivrer son peuple, Moïse s’est mis à l’œuvre avec ses propres forces.

« Un jour, Moïse, devenu adulte, alla voir ses frères de race. Il fut témoin des corvées qui leur étaient imposées. Soudain, il aperçut un Egyptien en train de frapper un de ses frères Hébreux. Moïse regarda tout autour de lui et ne vit personne ; alors il tua l’Egyptien et enfouit le corps dans le sable » (Exode 2.11-12).

Ne nous précipitons pas de juger Moïse ! Après tout, il avait une formation d’expert militaire, et il a bien pu croire que c’était ainsi qu’il fallait acquérir la liberté de son peuple. Mais nous savons ce qui s’est passé après : Moïse n’a pas reçu le soutien de son peuple ; Pharaon a appris le meurtre, et le prince égyptien a dû prendre la fuite pour sauver sa vie.

Puis, il a passé quarante longues années dans le désert… à garder des moutons ! Moïse a dû penser qu’il avait tout gâché ! Il était passé du palais au pâturage, du spécialiste de la défense et de la liberté à un fugitif traqué. Il a dû se demander : « Que s’est-il passé ? »

Pourtant, tout n’était pas perdu. Dieu avait un plan pour lui, comme il en a un pour chacun de nous. « Car moi, le Seigneur, je sais bien quels projets je forme pour vous ; et, je vous l’affirme : ce ne sont pas des projets de malheur mais des projets de bonheur. Je veux vous donner un avenir à espérer » (Jérémie 29.11).

Frais émoulu des écoles égyptiennes, Moïse n’était pas encore prêt à faire sortir le peuple de Dieu d’Egypte pour le conduire en terre promise. Il lui fallait d’abord apprendre à ne pas compter sur sa propre force ou sagesse, mais à faire confiance en la puissance de Dieu qui tient ses promesses. Il lui fallait aussi apprendre la patience et le renoncement, des leçons qu’il ne pouvait apprendre que loin des richesses d’un palais.

Dans Patriarches et Prophètes, nous lisons : « L’affection de sa mère adoptive, la dissipation étalée partout au grand jour, les raffinements, les roueries et le mysticisme d’une fausse religion, la splendeur d’un culte idolâtre, les œuvres imposantes de l’architecture et de la sculpture, tout cela s’était profondément incrusté dans son cœur et dans sa jeune imagination, et avait en quelque sorte formé ses habitudes et pétri son caractère. Le temps, un changement d’entourage et la communion avec Dieu pouvaient seuls effacer ces impressions. Pour arriver à changer l’erreur contre la vérité, Moïse devra soutenir des luttes très douloureuses. Mais Dieu sera son secours, et il le soutiendra quand le combat sera trop rude pour ses faibles forces » (p. 226).

Ces quarante ans ne furent pas des années perdues. Dieu les a mises à profit pour préparer Moïse à la lourde tâche de conduire un peuple d’esclaves. C’est aussi pendant ces années, qu’inspiré et guidé par le Saint-Esprit, Moïse a écrit le livre de la Genèse (30).

Un appel soudain

Et soudain, sa vie de berger s’est arrêtée ! L’appel de Dieu est souvent soudain ! Comme un coup de téléphone. Un texto. Un E-mail. Une invitation personnelle. Pour Moïse, ce fut un buisson en feu. Mais Moïse n’était pas prêt, du moins c’est ce qu’il pensait.

« Je t’envoie maintenant vers le Pharaon. Va, et fais sortir d’Egypte Israël mon peuple » (Exode 3.10).

Mais Moïse a répondu : « Moi ? Je ne peux pas aller trouver le Pharaon et faire sortir les Israélites d’Egypte » (verset 11). Le prince, jadis autosuffisant, reconnaissait sa faiblesse et ne se sentait pas à la hauteur de la tâche que Dieu lui confiait. Mais Dieu lui dit : « Je serai avec toi » (verset 12). Moïse allait apprendre que « tout ce qui se fait sous son ordre doit être accompli par sa force. Tout ce qu’il ordonne, il le donne » (31).

Alors que Moïse continuait à dire son refus, Dieu lui a annoncé que son frère Aaron irait avec lui : « Moi-même je serai avec chacun de vous quand vous parlerez et je vous indiquerai ce que vous aurez à faire » (Exode 4.15). C’est ainsi que les deux frères sont allés affronter le puissant Pharaon pour libérer le peuple de Dieu.

Tout au long de sa vie, Moïse a conservé cette capacité, motivée par la foi, de faire des choix en fonction des réalités éternelles, plutôt que sur le visible et le temporel. Même à la fin de sa vie terrestre, Moïse a enjoint les enfants d’Israël à rester fidèles à Dieu: «Avec un peu de sagesse, ils comprendront où tout cela les mène» (Deutéronome 32.29).

De nombreux exemples

Moïse, bien sûr, n’a pas été le seul humain de la Bible qui était convaincu par la foi « de la réalité de ce que l’on ne voit pas » (Hébreux 11.1), qui nous donne comme claire définition de la foi : « Avoir la foi, c’est être sûr de ce que l’on espère, c’est être convaincu de la réalité de ce que l’on ne voit pas » (c’est nous qui soulignons).

Ce chapitre continue avec une longue liste d’hommes et de femmes de foi qui ont choisi d’obéir à Dieu plutôt que de suivre le monde qui les entourait. Abel, Hénoch et Noé sont dans la liste, comme Abraham et Sara, Isaac et Jacob, Joseph, Moïse, Rahab et bien d’autres. La Bible dit : « C’est dans la foi que tous ces hommes sont morts. Ils n’ont pas reçu les biens que Dieu avaient promis, mais ils les ont vus et salués de loin, et ils ont déclaré qu’ils étaient des étrangers et des exilés sur la terre » (verset 13).

De tous ces exemples de personnes qui regardaient au-delà du visible vers l’invisible, celui de Jésus est le plus marquant. Il regardait avec amour chaque être humain, ne voyant pas simplement ce qu’ils semblaient être, mais voyant ce que, grâce à son pouvoir, ils pouvaient devenir. Auprès du puits de Jacob (voir Jean 4.5-42), il ne voyait pas simplement une femme samaritaine. Il voyait une personne qui avait besoin de pardon et d’espérance, mais il voyait aussi une évangéliste ! Lorsque son disciple André lui a apporté le pique-nique d’un petit garçon au bord de la mer de Galilée, au lieu de ne voir que cinq petits pains et deux petits poissons, il a vu la possibilité de nourrir des milliers de personnes, non seulement physiquement mais aussi spirituellement (voir Jean 6.8-13). Sur un bateau de pêche battu par la tempête, il n’a pas vu le vent et les vagues, mais il s’est reposé en tout sécurité dans les bras de son Père (voir Marc 4.37-40). Et, suspendu à la croix, nu et blessé, alors que tout semblait désespéré, il a promis au brigand repentant et mourant : « Tu seras avec moi dans le paradis » (Luc 23.43). Il voyait au-delà de ce qui est provisoire, ce qui est éternel.

Regarder au-delà

Et toi ? Où regardes-tu ? Tes yeux sont-ils si pleins de ce que tu vois, les choses qui t’entourent, les circonstances où tu te trouves, les gens qui t’influencent, au point que tu ne peux voir l’invisible ?

C’est si facile de voir seulement ce qui est ici et maintenant et d’y trouver ses motivations. Ce pourrait-il que ce qui semble si populaire maintenant, la célébrité, l’argent, le sport, les distractions, la mode, le succès… et vous pouvez compléter la liste, n’aient aucun sens dans l’éternité ?

Dans la première épître de Jean, au chapitre deux, l’apôtre nous invite avec force : « N’aimez pas le monde, ni rien de ce qui appartient au monde. Si quelqu’un aime le monde, il ne possède pas en lui d’amour pour le Père. Tout ce qui appartient au monde – les mauvais désirs de la nature humaine, le désir de posséder ce que l’on voit et l’orgueil suscité par les biens terrestres -, tout cela ne vient pas du Père mais du monde. Le monde est en train de passer, ainsi que tout ce que les hommes trouvent à y désirer ; mais celui qui fait la volonté de Dieu vit pour toujours » (versets 15-17).

L’occasion ne nous sera probablement pas donnée de recevoir la formation pour devenir Pharaon, comme Moïse, mais nous sommes tous devant le choix de « jouir du péché pendant quelque temps » (Hébreux 11.25), ou de fixer les yeux sur notre récompense éternelle et donc vivre une vie en harmonie avec cette promesse.

Je vous invite aujourd’hui à regarder à Jésus, « dont notre foi dépend du commencement à la fin » (Hébreux 12.2). Cultivez une étroite relation avec lui. Passez du temps avec lui. Communiquez souvent avec lui par la prière. Ecoutez- le vous parler par sa Parole, la Bible. Lisez ses conseils particuliers dans les écrits d’Ellen White.

Ecoutez sa voix qui vous invite à participer activement à partager l’Evangile et à vous mettre au service des autres dans le cadre de L’IMPLICATION TOTALE DES MEMBRES/L’IMPLICATION TOTALE DES JEUNES. Il a promis d’être avec toi et de te donner la force. Et un jour, que je crois très proche, il reviendra nous prendre pour que nous vivions avec lui pour toujours dans une paix plus surprenante que tout ce que nous pouvons imaginer.

« Ce que nul homme n’a jamais vu ni entendu, ce à quoi nul homme n’a jamais pensé, Dieu l’a préparé pour ceux qui l’aiment » (I Corinthiens 2.9).

Comme Moïse, choisis aujourd’hui de regarder l’invisible !

Questions à débattre

  1. Comment Moïse a-t-il pu voir au-delà des illusions du présent pour saisir l’avenir par la foi ?
  2. Que signifie voir par « l’œil de la foi » ? Pourquoi est-ce important ?
  3. Quels sont les moyens concrets de faire grandir notre foi ?
  4. Comment trouver l’équilibre de vivre dans le monde présent et de préparer notre éternité ?
  5. A votre avis, à quoi ressemblera le ciel ? Qu’est-ce que vous espérez le plus ?

À propos de l’auteur : 

Ted N. C. Wilson est le président de l’Église adventiste du septième jour. Il peut être contacté à president@gc.adventist.org


(27) Ellen G. White, Patriarches et Prophètes, p. 223.

(28) Idem, p. 224.

(29) Les citations bibliques sont empruntées à la Bible en français courant.

(30) Voir Patriarchs and Prophets, p. 251 (la traduction française ne contient pas cette mention).

(31) Ellen G. White, Les Paraboles de notre Seigneur, p. 339.

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